Occupation des rangs du village
Parlons maintenant des gens du village. Le rang, que les
gens d'Amqui appelaient le « 7 », était double et portait
les numéros 2 et 3. Amédée Levasseur est considéré
comme le premier à s'être installé au village. Il arriva au
milieu de l'été 1918. En septembre de la même année,
ce fut au tour d'Alphonse Brisson. Les familles Charles
Lévesque, Célestin Charest, Léon Desrosiers arrivèrent
en 1919 et 1920.
Jusqu'à cette date, les colons étaient
obligés de laisser leur voiture chez Béloni Gagné et de se
rendre en
bacagnole,
sorte de traîneau au moyen duquel on pouvait se frayer
un chemin à travers les souches tout en transportant du matériel. (Je voudrais bien
savoir d'où nous vient ce mot?)
La route était carrossable en 1921. À
leur arrivée dans la paroisse, messieurs Napoléon
Lambert et Louis Simard ont pu atteindre leur lot sans
avoir à changer de voiture. En 1930, c'était une bonne route de gravier. Elle fut reconstruite
de fond en comble en 1958. Enfin, on la recouvrait d'asphalte quelques années
plus tard.
Occupation du rang 5
Il est beaucoup plus difficile d'établir avec certitude le moment où le
rang 5 Blais fut occupé. Était-il habité avant 1925? C'est
probable. En effet, l'abbé Pierre Bérubé mentionne dans ses
notes du 24 janvier 1926 qu'il alla visiter les quatre
colons du rang 4 et 5 Blais.
Il reste que l'on peut avancer avec certitude que les deux frères Joseph et
Albert Plourde, accompagnés de leur famille, arrivèrent
dans le rang en 1928. Ils y ont trouvé un nommé Donat
Lévesque. Quant à Gérard Gagné, Cyprien Théberge,
Joseph Saint-Laurent, ils y élirent domicile en 1929;
Laurent Leclerc et Achille Arguin en 1930; la famille
de celui-ci le rejoignit six mois plus tard; Ludger
Lapierre et Arthur Gendron s'établissent à leur tour dans le rang 5 en mai
1931.
Là aussi la « bacagnole » est à l'honneur. Avant 1931,
les automobiles s'arrêtent à la résidence des Keable. Comme elle était dans un lieu
assez isolé, située entre le village et les fourches menant au rang double 4
et 5, le voyageur ne pouvait la manquer. Peu importe de quel sens il venait,
c'était signe que près de la moitié de la difficulté du voyage était
franchie. Rappelons qu'un camp avait précédé la maison. C'est Léon Paradis, gendre
de Keable qui procéda à sa construction et qui l'habita plusieurs années
jusqu'au moment où il a quitté la paroisse. Puis, elle fut habitée
par la famille de Thomas Saint-Onge.
Après avoir été inoccupée quelques temps, elle a servi d'habitation
successivement à Georges-Ulric Lévesque (fils de Didi), à Jos Ross et
enfin à une famille Gagné avant d'être détruite par le feu.
Avec la construction du chemin durant l'été 1931, les
colons ont afflué. Le contrat de ce chemin avait été donné au contracteur
Bélanger de Sayabec qui avait installé le campement des travailleurs au
pont de la Tomagodi.
Très vite, le rang 5 (partie nord-ouest) a été peuplé à la
longueur. Ainsi, vont vivre dans le rang Auguste St-Laurent, Adrien
et Maurice St-Laurent, Florent St-Laurent, Jean-Baptiste Michaud, Armand
Lebrun, Ludger Lapierre, Marius Rioux, Laurier, Benoît, Rosien, Achille et
Jules Arguin, Arthur Théberge, Arsène Théberge, Hervé Dumont.
De tous ces gens qui ont « ouvert » le rang, à ma connaissance, il
ne reste en 1975 que les familles Arguin, Plourde, Irénée Jean,
Bussières, Arthur Théberge, fils de Cyprien, Ludger
Lapierre, Napoléon Chouinard. Fernando Michaud en
était un, mais nous a quittés l'an passé.