Gaston n'étant pas présent physiquement à nos activités de la fin de semaine de l'action de Grâces, il fallait l'en informer. Voici, à son intention, la description des activités et des émotions vécues par le groupe au cours de la fin de semaine du 8 au 11 octobre, tel que vu par Daniel Mill.
 

Mon cher Gaston,

Lors d'une conversation téléphonique que nous avions, vers la fin de septembre, tu me suggérais d'écrire. Ne sachant pas vraiment à qui ni quoi écrire, j' ai cru bon de t'adresser un mot et te raconter ma dernière fin de semaine.

Comme tu sais, Émile nous avait convoqués à un conventum. Il nous attendait dans le hall de l'hôtel Ramada de Hull. Le reste du programme des activités était révélé sur place.

Je suis donc parti de Maria jeudi midi, le 7, avec ma douce moitié Michelle. Premier arrêt: ta chambre, vers 20h. La porte était close. Une infirmière nous a appris que tu étais parti, peu après 16h. Nous étions chagrinés. Michelle était contente d'avoir eu la chance de te visiter le dimanche précédent: comme tu l'avais demandé, elle apportait les preuves que tu l'avais confessée, dans la chapelle, sur la montagne, lors de la rencontre de 1995.

De là, nous sommes allés manger en ville avec notre fille. Denis et Danielle nous y ont rejoints. Le lendemain, nous sommes allés visiter notre autre fille de Sherbrooke. Dans l'après-midi, elle nous a fait escalader un Golgotha ( le mont Pinacle ) avant de nous inviter à manger tard et prendre plein de vin et autres saletés du genre, jusque très tard dans la nuit. Très tôt, le lendemain, après un bref appel téléphonique de Denis nous rappelant le rendez-vous de midi lancé par Emile, nous partons.

Page de Gaston
 

Comme prévu, nous arrivons à l'autel, ou plutôt,à l'hôtel juste à temps pour l'angélus. Emile n'est pas là. Voilà M-Paul qui arrive avec Andrée. Très nerveux. Tout excité et plein de mots d'église à la bouche ( tu en aurais sans doute reconnu quelque-uns! ). Il s'était perdu pendant une heure, le pauvre, comme s'il ne savait pas où il allait. Emile n'est pas encore là. Après les cérémonies d'usage au comptoir, nous téléphonons chez Emile. Il est en route, il a été retardé par sa dinde, apprenons-nous. Nous sommes estomaqués! Pour un diplomate, l'expression est un peu forte, n'est-ce pas? Nous comprendrons mieux plus tard, comme tu verras.

Enfin, d'autres membres de la tribu se mettent à arriver et bientôt, le programme se précise. D'aucuns décident de se rendre de toute urgence à la SAQ, d'autres à un dépanneur. Le mot d'ordre est de se retrouver peu après à la suite réservée au groupe afin de deviser et de prendre connaissance du programme véritable de l'après-midi. Albert, Margaret, Rodrigue, Elise, Michelle, Andrée, Denis et Danielle suivent Emile.

De retour quelques minutes plus tard, M-Paul, Jacques et moi-même sommes condamnés à boire de la bière et autres choses du genre pendant des heures, jusqu'à l'arrivée des autres. Ils avaient suivi Emile dans les dédales du quartier. Manifestement, ils n'avaient pas suivi le plus court chemin. C'est alors, ou à peu près, que nous apprenons que Emile avait préparé une véritable dinde pour le souper auquel nous étions conviés chez lui. Donald est déjà là, sans doute pour profiter de l'absence du maître du logis!

Arrivent Donald et Marie-Thérèse. Le transport s'organise, et nous voilà chez Émile! Quelle piaule! Pleine d'objets merveilleux, sans doute autant de pots-de-vin glanés à gauche et à droite. Émile a beau nous avoir indiqué avoir eu de bons prix pour untel, ou tel autre, nous avons tous compris…, silencieusement, sans jamais faire voir que nous étions scandalisés. Il nous surveille, cependant. A preuve, il nous épiait lorsque nous étions dehors en train de prendre une bière, près de la piscine, alors qu'il effectuait des travaux de construction avec du contreplaqué, à l'intérieur. Le lendemain, il m'a diplomatiquement appris savoir qui avait lancé des bouchons de bière dans sa piscine. Bien entendu, je ne lui ai pas révélé que tous s'étaient appliqués à le faire.

 

Quelques heures plus tard, avec l'arrivée de la fraîcheur du soir, les philosophes de l'extérieur rejoignent les cuisinières de l'intérieur. Nous y trouvons, notamment, Denis en train de brasser dans les chaudrons avec un enthousiasme presque féminin! Après moultes libations et examens des fétiches de notre hôte, ce dernier sort finalement son vibrateur! Impressionnant! Il y fixe une lame et s'en sert pour trancher l'oiseau ( la vraie dinde). Le repas suit bientôt, arrosé lui aussi. Le lendemain, Émile me fera part des statistiques: quinze personnes, quinze bouteilles de vin. Je suis convaincu que tu n'aurais pas trouvé cela déraisonnable, dans les circonstances. Pendant le repas, nous pensons à toi. Nous te portons un toast aussi bruyant que sincère, suivi de quelques autres!

Par la suite, sans doute par l'effet de quelque hormone contenu dans la dinde, la musique devient plus forte et l'excitation s'empare de quelques femmes. Danielle et Michelle se retrouvent soudainement en petite tenue et se mettent à se trémousser de façon un peu dévergondée, le moins que l'on puisse dire! Elles ont du métier. Tu sais, Danielle fait la rue, à Québec. Et Michelle fait de la politique. Tout cela se rejoint quelque part et finit par se manifester dans les moments intenses. Pour des femmes qui portent le scapulaire, c'est édifiant!

Bientôt, elles sont rejointes par Marie-Thérèse et Margaret. Émile ne tarde pas à s'y mettre lui aussi, vraisemblablement en raison des influences africaines et exotiques auxquelles il a été exposées. Dans un tel contexte, il ne faut pas se surprendre que les autres se sont laissés entraîner à faire de même. J'y suis allé un peu. J'ai quand même héroïquement résisté par la suite. Cela m'a fait découvrir que ces gens faisaient partie d'une secte que je n'ai malheureusement pas pu identifier. Le rite principal semble de se donner une multitude de petits becs à la volée. Il s'agit que l'un ou l'une commence et aussitôt les autres font de même. Effet domino parfait! Il m'a fallu un peu de temps, mais je m'y suis mis aussi.

Tout à coup, la musique redevient normale. Nous en profitons pour convier les participants au traditionnel match de cribbage. Sans doute te souviens-tu que Émile et moi-même avons battu M-Paul et Denis lors du match du conventum de 1992, puis les avons lavés par skunk lors de celui de 1995. Eh bien, ils ont encore été humiliés cette année ( skunk encore une fois ). Le lendemain, Denis m'a même offert d'acheter la planche où sont inscrits les scores cumulatifs. Il ferait mieux de se pratiquer!

Comme c'est la coutume lorsqu'il est tard dans la nuit, nous téléphonons un peu. D'abord Guy, à Vancouver. Il était nostalgique et devait être là. Ton départ a bousculé ses possibilités assez serrées de transport. Nous lui avons tout raconté à ton propos. Ensuite, ce fut le tour à Magella Boucher. Puis Magella Bouliane. Il a bien voulu décrocher sa guitare et nous chanter une toune en souvenir de toi. Bravo Boubou! Nous avions songé appeler notre cousin Bernard, des États, mais nous avions des doutes de le rejoindre sur cellulaire…Il était au courant, pour toi, et pour le conventum, il nous avait adressés un fax.

La soirée se termine finalement assez tôt le lendemain matin par un retour à l'hôtel en trois taxis. Des photos ont disparu de l'album de Michelle, chez Émile…

 

Au lever, nous retrouvons Jacques à la suite, en train de siroter un scotch. Toute la secte se rend à un brunch avant le départ vers Québec où tu nous attends. Petits becs avant de partir. lips.gif (480 octets)Petits becs en arrivant. Bien entendu, il est de mise d'aller prendre une petite bière avant de nous rendre à ton salon.

Cette visite s'avère chargée d'émotions. Difficile à exprimer convenablement. Jean-Claude, Perry,Ruth,Magella rejoignent ceux qui arrivent de Hull. Nous restons là quelque temps à partager l'affliction générale. Marie-Andrée, tes enfants, Arthus ton père, tes frères et ta sœur, tes autres amis et nous te saluons encore une fois.

Plus tard, nous retournons nous amuser. D'abord, un souper collectif à la Maison du spaghetti. Puis, une visite aussi collective chez Albert pour le digestif. Rien de mieux pour exorciser notre peine, comme tu le sais. Bien entendu, tout cela est entrecoupé de séances de petits becs.

 

Chez Albert, les effets de la dinde d'hier se font soudainement encore sentir, sensiblement chez les mêmes, et dans le même ordre, à la seule vue d'un spa à l'extérieur, malgré la pluie et le temps froid. Sublime spectacle: Margaret, Marie-Thérèse, Michelle, Danielle, Denis, Émile et Albert dans la buée, un parapluie à la main et un verre dans l'autre, pataugeant dans l'eau chaude!

Les policiers qui arrivent! Émile a la tête presque sous l'eau, me dit-on! Tapage nocturne. Il faut dire que l'heure ( 1h am) tardive ajoute à l'incongruité de la situation. Tout se termine bien. Michelle a quelques cheveux déplacés, la police est partie, les orgiaques sont rentrés!

Nous nous retrouvons le lendemain, à la porte de l'église de Saint-Augustin-de-Desmaures pour terminer le conventum avec toi. Antonin arrive avec Lise. Voici Russel. Nous sommes tous désignés comme porteurs. Antonin me dira qu'il n'a cessé de pleurer qu'à l'évangile. C'était prenant. Tu te souviens, aux funérailles de Dan, tu avais fait remarquer que M-Paul n'était probablement pas en état de grâce puisqu'il n'était pas allé communier. Eh bien, il a récidivé! Probablement pour la même raison.

Nous sortons tous de l'église avec les autres gens, puis entrons tous de nouveau après le départ des autres. Les photos à l'autel: les "courtes en avant" et les "longues en arrière". Frank Giroux et Norman Roy, autrefois du collège, étaient là. Petits becs encore! Nous repartons vers la rue St-Louis, chez Rina, je crois , où étaient conviés les parents et amis. Une petite bière, des conversations où se fait sentir l'approche du départ. Petits becs et repetits becs!

Le conventum est terminé. Il a eu lieu, comme tu le souhaitais. Tout s'est bien déroulé: je ne crois pas avoir insulté personne, en tout cas, pas tout le monde. Jean-Claude est parti avec l'impression que Émile et moi faisions teindre nos cheveux alors qu'il n'en est rien. C'est plutôt le contraire. Avant la cinquantaine, nous les faisions teindre en gris pour simuler la sagesse. Maintenant, ce n'est plus nécessaire.

 

La prochaine rencontre est prévue pour la fête du Travail de l'an 2002, à Québec ou les environs. Comme disait Rodrigue, les femmes auront leur couventum et nous, notre conventum. Sois assuré que nous serons avec toi puisque tu ne pourras être avec nous. J'espère que tous les autres y seront aussi. Ils devraient faire comme Antonin qui me disait qu'il ne manquerait plus un conventum: il se propose de continuer d'accepter toutes autres invitations, en tout temps, sous réserve et sauf conventum.

Enfin, il se fait tard. Il se peut que d'autres tentent de te laisser croire que les choses se sont passées autrement. Ne te laisse pas influencer. Tu salueras Dan pour nous!

 

Petits becs de nous tous,

Amicalement,

Dan