Un brin d'histoire

   

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Les ANCIENS Mise en contexte Librairie Conventum Les Profs Un brin d'histoire Le collège, institution d'enseignement classique imaginée et gérée par les Clercs de Saint-Viateur, a pris forme physiquement au cours des années 1950.  Il est devenu un cégep en 1971 suite aux changements apportés dans le système d'éducation par la révolution tranquille. Cela résume froidement la situation et pourrait satisfaire les moins curieux, tout le reste pouvant être considéré comme de la petite histoire

Il y a plus toutefois. Il n'y a pas de la petite histoire, il n'y a que de l'histoire qu'on néglige. En fait, il y a des motivations, un contexte, "des circonstances atténuantes" et plus...

Pour aller au plus simple, voici les éléments que j'ai pu recueillir :

 

Les personnages politiques

Les acteurs de la vie religieuse et éducationnelle

Les Clercs de Saint-Viateur

Le collège doit son existence au fait que les Clercs de Saint-Viateur (CSV), prenant en charge l'école D'amours en 1953, en ont profité pour fonder l'externat classique. C'est dans cette école que, 1953 à 1958, s'est dispensé l'enseignement classique à Matane.

En fait, selon les propos du père Lucien Bellemare, la fondation de cet externat classique et l'arrivée des Clercs de Saint-Viateur (CSV) à Matane n'était pas un événement fortuit. Le chanoine Zénon Soucy caressait cette idée depuis quelques temps. Fort de l'appui de la commission scolaire et de la municipalité, <voir note sur Desjardins>, il obtint l'assentiment de Mgr. Charles-Eugène Parent, archevêque du diocèse de Rimouski, qui demande en 1952 aux CSV de prendre charge de l'implantation d'un collège classique à Matane.

C'est le Frère Alphonse Turcotte qui prend la direction de l'école D'Amours en septembre 1953 et le vicaire de la paroisse Saint-Rédempteur, Narcisse Lepage, prend en charge les 28 élèves composant le première classe d'Éléments latins. "L'équipe" est remplacée, en septembre 1954, par le Père Lionel Labarre, à la direction de l'école, et par 5 membres de la communauté des CSV, à titre de personnel enseignant.

En juillet 1956, le Père Lucien Bellemare devient le directeur de l'école D'Amours et arrive aussi avec le mandat de construire le collège. Il a comme adjoint le Père Antonin Lamarche.

Le dossier avait déjà fait du chemin et la table était mise pour quelques bonnes polémiques sur l'emplacement du futur collège (Je ne sais si, effectivement, il y aurait eu quelques accrochages sur le sujet). La commission scolaire proposait gratuitement un terrain près de l'école d'Arts et Métiers avec la condition que le collège assure la pension et le logement aux études de cette école. Toutefois, l'équipe Bellemare-Lamarche craignait que cette forme de collaboration entre les 2 établissements ne perturbe le développement souhaité pour le collège. En effet, dans l'esprit des 2 promoteurs, on voyait un collège pouvant accueillir au moins 500 étudiants.

Il y avait probablement une autre raison motivant le rejet du jumelage. Il s'agit d'une intuition personnelle qui, malheureusement, ne peut être vérifiée. Il est possible en effet que les Pères y aient vu une entorse à la structure sociale de l'époque ou une contrainte au développement d'une ambiance propice aux études classiques. Je les vois échanger sur le sujet à peu près en ces termes : "On ne mêle pas des roturiers faisant l'apprentissage de métiers manuels avec ceux qui devraient devenir l'élite de demain, avec ceux qui privilégient la culture au développement d'habilités manuelles." Ou encore : " Il est déjà assez difficile d'inculquer la discipline de l'esprit classique sans offrir continuellement l'exemple de l'indolence ouvrière".

 

Toujours est-il que les intervenants ont fini par se rallier au choix du site désigné comme le "fronteau des vaches" sur le rang menant à Saint-Luc. Un vaste domaine de 58 âcres pouvant répondre à tous les besoins éventuels fut acquis par les Clercs de Saint-Viateur. Forts d'une première subvention de 800 000 $ consentie par Maurice Duplessis, les pères accordent un mandat pour la première esquisse et octroient le contrat de construction à Marcel Fradette, ingénieur et entrepreneur de Matane.

Le 5 août 1957, des dignitaires procédaient à la première pelletée de terre et le 22 septembre 1958, le collège classique accueillait 150 élèves (dont 86 pensionnaires) réparties dans les classes d'Éléments latins à Rhétorique inclusivement. Il faut se souvenir que ceux qui avaient débuté en 1953 dans l'externat classique et qui avaient persévéré en étaient maintenant à la Rhétorique.

C'est au printemps 1961 que le collège eut ses premiers 8 finissants. Cela vaut la peine de les nommer : Jacques Audet, Julien Côté, Jean-Claude Fortin, Maurice Gendron, Maurice Nolin, Gilles Pineau, Pierre Rioux et Rodrique Tremblay,

Si l'on fait le décompte, cela explique pourquoi les 20 finissants de 1967 sont qualifiés de "Groupe du 7e cours".

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    Dernière modification :09 févr. 2000 20:27